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Bordeaux / festival: sélection officielle: “l’indécence” / photos et vidéos.

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« l’indécence », à mon sens un des mot d’ordre du moteur de l’art en général, et singulièrement de l’art contemporain tout entier engagé dans la réflexion politique esthétique et éthique indispensable au soutien de notre fragile idée de la démocratie sans cesse menacée par des puissances de pouvoir égoïstes. C’est en questionnant sans complexe et parfois avec violences tous les concepts, valeurs et idéaux qui gouvernent nos existences que nous protégeons nos libertés essentielles. Il est par exemple encore indécent de crier aujourd’hui « la misère est interdite, hors la loi », jusqu’à ce qu’une inscription dans les constitutions rende ce mot d’ordre décent et d’un coup bouleverse l’économie globale. Je ne crois pas à l’instauration du capitalisme de la peur, c’est pourquoi les créateurs ont du pain sur la planche pour dire des vérités simples sur le sexe la mort l’amour les guerres les génocides la politique la loi etc.. _ (« la nature de l’art est de se mettre au bord du gouffre, de présenter un urinoir dans un musée ou de faire comme les futuristes qui voulaient faire sauter les musées », Anselm Kieffer, Le monde du 4 août 2005)

écrire une trace de ma mémoire sur le corps, c’est mon indécence dérisoire pour participer au rêve démocratique et redevenir un « animal politique ».

Bernard Lafargue – Mike Yve

Bernard Lafargue

L’indécence est relative aux valeurs « esthéthiques » qu’une société se donne à un moment donné. Est indécent celui qui heurte le bon goût. L’histoire des scandales de l’art nous enseigne qu’il appartient sans aucun doute aux artistes, parce qu’ils sont plus libres, d’en repousser sans cesse les limites. Par la même occasion, ils nous montrent que l’indécence ne se réduit pas à l’impudicité. Qu’il y a aussi une indécence de la bêtise ? De la suffisance ? Du bon goût ? De la richesse ? De la pauvreté ?

Bernard Lafargue et Mike Yve

Categories: Expositions

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